Des approches qui permettent d'améliorer l'assainissement

Bangladesh: un exemple à suivre

© Urs Heierli, dalles de latrines
© Urs Heierli, dalles de latrines

Le Bangladesh, l’un des pays les plus pauvres du monde, a réalisé un bond remarquable en matière d’assainissement et d’hygiène. Il y a trois ans, seuls 33% des ménages avaient accès à des installations sanitaires de base. Aujourd'hui ce chiffre est proche de 80%. Ce succès spectaculaire est dû à une campagne de sensibilisation sociale menée de concert entre le gouvernement du Bangladesh et l’UNICEF. Cette campagne a eu le mérite de faire naître une demande jusqu’alors inexistante, en positionnant les toilettes comme des produits désirables qui augmentent le confort et l’intimité des clients. Le marché privé a ainsi été stimulé ce qui a conduit à une explosion de modèles bon marché conçus par des techniciens locaux. Ces résultats n’auraient pas été si impressionnants sans la participation active de membres de la population. Certains d’entre eux avaient la responsabilité de contrôler les pratiques d’hygiène et de décourager les mauvaises pratiques sanitaires. Cette pression sociale a conduit à un changement progressif des mentalités. La construction et l’installation de toilettes ont entraîné une baisse très significative des cas de diarrhée et des frais médicaux.

 

One fly is deadlier than a 100 tigers

Total sanitation as a business and community action in Bangladesh and elsewhere. A new book by Urs Heierli and Jaime Frias with inputs from Soma Ghosh Moulik and Shafiul Azad Ahmed. November 2007

 

 

Inde: des innovations sur mesure

© Sulabh, une latrine à double fosse
© Sulabh, une latrine à double fosse

En Inde, le Dr Bindeshwar Pathak a créé le mouvement d’assainissement Sulabh International Social Service Organization. Il a développé des techniques bon marché pour l’élimination des excréments humains dans les maisons individuelles et les lieux publics. À ce jour, plus d’un million de toilettes à chasse d’eau ont été construites dans des logements particuliers en Inde et quelque 6'000 toilettes publiques, la plupart dans des bidonvilles où l’espace requis pour la construction de latrines est faible.

Sulabh a développé la technique du siphon hydraulique, un système approprié, abordable et culturellement acceptable. 2 litres d’eau suffisent pour rincer les excréments. Cette technologie ne nécessite pas d’éboueurs, car les fèces sont décomposées en engrais pour l’agriculture.

Les toilettes coûtent entre 10 et 1000 dollars en fonction des milieux sociaux auxquels elles sont destinées. Sulabh a également mis sur pied des programmes de formation qui permettent aux anciens éboueurs de trouver de nouvelles possibilités d’emplois et à la population locale de construire elle-même ses toilettes. Ce mouvement a été un véritable succès, en raison notamment de la sensibilisation du public et de la participation communautaire, qui ont joué leur rôle à plein, un rôle essentiel pour l’amélioration de l’assainissement.

Ouzbékistan: une vie après l’agonie de la mer d’Aral

© SECO, Personnel du service des eaux et de l’assainissement de la ville de Noukous vérifie les pompes récemment installées.
© SECO, Personnel du service des eaux et de l’assainissement de la ville de Noukous vérifie les pompes récemment installées.

Aux portes de la mer d’Aral, la ville de Noukous est la première à subir les affres de l’impact écologique terrible induit par l’assèchement de la mer d’Aral. Diminution de la quantité de précipitations, tempêtes de sel et augmentation de la salinité des nappes phréatiques entraînent une série de maladies, dont certaines très graves.

Initié en 2000, un projet d’envergure pour la réhabilitation du réseau des eaux usées de la ville a permis d’améliorer substantiellement les conditions de vie et la salubrité à Noukous. Bilan de l’opération qui s’est achevée en 2007: 7 stations de pompage, la livraison et l’installation de 28 pompes, l’apport de technologies adaptées, une formation technique de haut niveau du personnel local. Le taux de connexions domestiques dans la ville a ainsi pu doubler, pour atteindre 61% des ménages.

Un partenariat public-privé pour se laver les mains

Un partenariat public-privé pour se laver les mains

Cette initiative, soutenue par un partenariat public-privé à l’échelle mondiale, a été lancée en 2001 avec un message clair: "Lavez-vous les mains avec du savon". Des études récentes ont démontré qu’un lavage des mains correct était l’un des moyens les plus efficaces pour prévenir la diarrhée et les infections respiratoires. A elle seule, cette pratique pourrait réduire l’incidence de la diarrhée de près de 50% et sauver au moins un million de vies.

A noter que ce message d’hygiène de base doit aussi être constamment répété dans les pays industrialisés à toutes les couches de la société, en partant des enfants dans les écoles jusqu’au personnel soignant dans les hôpitaux.